Le Pr Tidiane Dioh est le Chargé des programmes médias à l’Organisation Internationale de la Francophonie. A l’occasion de la journée mondiale de la Liberté de la presse, il vient de prendre part à Yaoundé, à un symposium sur la pratique du journalisme en période électorale.Pr Tidiane Dioh : Je parlerai sur la base de ma modeste expérience de journaliste qui a couvert des élections, de ma posture de citoyen. Mais aussi de celle de fonctionnaire international. Le principal enjeu est d’éclairer la conscience de l’électeur. L’électeur qui n’a pas une connaissance claire de pour qui il vote, des projets de société qui sont mis en compétition, est quelque part « floué ». Ceci dans le sens où on lui demande de choisir celui à qui il va donner les clés de sa cité alors qu’il ne connait pas grand-chose soit de ce candidat, soit du projet que ce candidat présente. Eclairer véritablement et de manière neutre le vote du citoyen est selon moi, quelque chose d’essentiel et de décisif.Pr Tidiane Dioh : A un certain moment, le journaliste  n’est plus seulement celui qui doit raconter l’élection. Mais il est partie prenante, en ce sens où il doit rendre compte de manière fidèle de ce qui se déroule. Or, l’élection présidentielle, celle qui nous intéresse en ce moment, est l’élection la plus importante dans une nation. Elle mobilise toutes les strates et catégories de la nation : gouvernement, opposition, société civile, peuple… Et pour ces raisons, nous avons pensé que les confrères pourraient avoir sur eux, lorsqu’ils vont couvrir les élections, un outil pédagogique. Ce guide pratique consigne des réflexes à avoir, mais aussi des expériences.Pr Tidiane Dioh : L’Oif essaie de voir comment se comportent les paysages médiatiques dans tous les pays d’expression francophone. Nous agissons sur tout le spectre : appui aux associations de journalistes (comme  l’Upf-Cameroun, avec le symposium de ce 03 mai) ; appui à la restructuration des paysages médiatiques à travers le vote de textes de loi réglementaires ; la mise à disposition d’expertises… En gros nous essayons de voir comment les médias francophones peuvent être des facteurs de démocratie. Vous ne pouvez en effet pas avoir de démocratie sans un citoyen informé. Et un citoyen ne peut être informé que par des médias professionnels.Entretien mené par Vanessa Onana